Le hamster dans ma tête!

Publié une première fois dans le blogue Triplettedevilleray

Contrairement à la théorie plus ou moins « pop psycho » qui dit que le hamster dans notre tête est une petite bête égocentrique qui nous fait perdre notre temps, je pense le contraire. Mon hamster est pour moi un moteur de créativité et il me permet de réfléchir à comment rebondir dans la vie. Le problème c’est que ça lui arrive souvent (à mon hamster) de s’emballer et de se mettre à courir dans sa roue comme un débile. Quand ça lui arrive, j’essaie de l’ignorer en faisant des activités plus ou moins bénéfiques pour ma créativité comme regarder des trucs nuls à la télévision, écouter de la musique en ruminant de la nostalgie ou faire semblant de refaire le monde en buvant trop de verres de vin… Mais ça ne fonctionne pas car c’est moi qui m’abrutis alors que c’est lui qui aurait besoin de prozac et autres trucs de ce genre.

Quand mon hamster décide d’avoir une crise d’hyperactivité, il court dans sa roue même la nuit et la seule façon que j‘ai trouvée pour le faire ralentir est d’essayer de mettre ma vie en ordre en faisant des listes, beaucoup trop de listes… Je vis plus ou moins bien avec mon hamster et depuis toujours, il a le don de me mettre dans des situations impossibles avec mon entourage quand vient le temps d’essayer d’expliquer ce qui se passe dans ma tête. Le fait que je fais des tas de listes n’aide pas ma situation… En fait, mon hamster fait tourner tellement vite le moteur de ma créativité que j’ai juste envie de me « pitcher » partout en même temps. Une vraie folle… Et je me mets à penser qu’une bonne vie rangée avec un emploi stable, aucun problème financier et vie amoureuse comblée ferait en sorte que je deviendrais super zen et que je n’aurai plus besoin de mon hamster.

Ça m’est arrivé à quelque reprise de vivre ce fameux nirvana qui fait qu’on se sent maître de ses moyens, super discipliné et enthousiasmé. J’ai en effet constaté que dans ces moments-là mon hamster a cessé sa course folle au point de devenir léthargique et de s’endormir. Si bien qu’au moment ou ce nirvana à disparu, je me suis retrouvée, à chaque fois, sans mots, sans idées et obligée de brasser la cage à mon hamster pour qu’il se réveille et par le fait même, ma créativité qui elle aussi, droguée par le sommeil et vautrée dans une belle couette confortable.

Je vis en ce moment avec un hamster passablement agité, mais qui se calme quand je monte le ton et que je lui dis d’arrêter de faire l’hystérique. C’est que j’en ai vraiment besoin de mon hamster en ce moment, car je dois encore une fois me réinventer. Et oui, pour la énième fois, je dois rebondir et il faut que le saut me permette de me propulser plus loin en avant pour ne pas avoir l’impression de sombrer dans une espèce de trou. J’ai des fois l’impression que c’est la rançon de ma génération (les X) de passer notre temps à faire des sauts en hauteur de calibre olympique, question de ne pas se faire oublier. Vous n’avez pas remarqué qu’on parle toujours des Y et des Babyboomers, mais rarement des X quand vient le temps d’analyser les aléas de notre société… Petite remarque éditoriale en passant!

Mais revenons à mon hamster! Je cherche un médicament ou un traitement qui permettrait à mon rongeur de faire son jogging sans devenir hystérique et névrosé au point de mettre en péril cette année qui s’annonce pleine de promesses. Mais pour que cela se concrétise, il faut que ma créativité soit bien canalisée! Quelqu’un à une solution à me suggérer?

Pour en savoir plus sur la théorie du hamster égocentrique (pas mon hamster à moi!) lisez le livre du Dr Serge Marquis : Pensouillard Le Hamster : petit traité de décroissance personnelle – Édition Transcontinental 2011 http://www.tortue-marquis.com/publications/pensouillard-le-hamster


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